Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

L'allaitement


Ma vision de l'allaitement

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Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de l’allaitement.

Je vous l’accorde le choix du sujet est étrange d’autant plus que mes deux filles ont été élevées au biberon. Néanmoins le sujet me touche et j’ai eu envie d’apporter mon témoignage.

Et en même temps...c’est mon blog donc je peux parler de ce que je veux Rigolant!

 

Lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant, je ne me suis jamais posée de question sur l’allaitement. Pour moi le choix était clair dès le départ : je n’allaiterais pas. J’étais sûre de moi et n’avais aucunement besoin d’informations supplémentaires ou de discussions sans fin avec des professionnels sur ce sujet.

Pourquoi étais-je si sûre de moi ?

Tout simplement car j’avais grandi avec la certitude qu’allaiter était difficile et forcément éprouvant. Ces croyances venaient de ma mère qui avait beaucoup souffert d’un allaitement forcé et au final impossible à mettre en place.

Lorsque j’étais plus jeune, ma mère m’avait en effet  parlé de ses difficultés à allaiter. Cette période de sa vie avait été très délicate et elle avait besoin de m’en faire part. Elle m’avait révélé avoir été contrainte de poursuivre un allaitement impossible à mettre en place. Elle m’avait évoqué les jugements et les critiques à son égard. Au travers de son récit, je pouvais ressentir un grand mal-être physique et psychologique.  J’avais également senti dans ses propos un gouffre de désespoir ; désespoir d’avoir raté son allaitement, désespoir d’avoir été forcée à le poursuivre et surtout désespoir d’avoir manqué son premier rendez-vous avec moi. Je m’étais dit, et j’en reste toujours persuadée,  qu’il faut « mieux vaut donner un biberon avec le sourire qu’un sein en pleurant ». Cette souffrance était si forte que ma mère, sans le vouloir, avait fait grandir en moi une peur et un rejet total de l’allaitement. Je m’étais jurée en mon for intérieur qu’on ne m’y prendrait jamais !

 

Lorsque je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant, j’ai commencé à m’intéresser à l’allaitement. Je n’étais toujours pas prête à allaiter mais il était clair que j’étais moins  obtus qu’avant. J’avais soif d’apprendre sur le sujet et ma curiosité était grande concernant le ressenti et l’expérience d’autres mamans. Heureusement j’avais dans mon entourage un certain nombre d’amies ayant tenté d’allaiter. Qu’elles aient réussi ou raté, qu’elles aient allaité peu de temps ou au contraire sur une longue durée, leurs histoires m’ont émue et j’ai adoré les écouter. Je me suis découvert une sincère admiration pour ces femmes qui n’ont pas hésité à donner encore plus d’elle-même à leur enfant et qui, malgré toutes les critiques rencontrées, sont toujours restées fidèles à leurs convictions et à ce que leur dictait leur instinct de mère.

 

Je ne suis pas enceinte de mon troisième enfant mais si je l’étais et bien je crois que j’allaiterais ou du moins j’essaierais. J’ai réussi à vaincre les peurs de ma mère et à  mettre enfin en avant mes propres envies. De plus, ma deuxième fille a été malade très jeune notamment en contractant une varicelle à 3 semaines et une pneumonie à 6 mois.  Sa première année a été difficile et en tant que parents, nous avons été très inquiets. A l’heure actuelle, j’ai toujours une petite voix qui résonne en moi et qui me dit : « Et si tu avais allaité, en aurait-il été autrement ? ». Evidemment nul ne peut avoir une réponse assurée et le doute subsistera toujours en moi.

 

Ce post n’est nullement une chronique sur le thème « Pour ou Contre l’allaitement ». Pour moi ces discussions stériles ne mènent à rien. On ne peut pas être « Pour ou Contre » ce processus naturel. C’est comme si on se disait « contre » le fait de manger des haricots verts. On peut ne pas aimer les légumes mais on ne peut décemment pas se déclarer  « contre » et forcer les gens à se rallier à ses convictions personnelles.

Dans mon idéal, j’aimerais juste améliorer deux choses :

1 – l’information sur l’allaitement pendant la grossesse.

Il existe des réunions pour les femmes qui ont décidé d’allaiter mais pas pour les autres. Chaque femme devrait pouvoir être libre de faire ses choix en toute connaissance de cause.

2 – le jugement des autres.

Quelque soit la décision de la maman, j’aimerais que l’entourage, familial et médical, ne juge JAMAIS mais accompagne TOUJOURS, dans les moments difficiles comme dans les instants de bonheurs. Pas de critiques mais juste un soutien incommensurable pour accompagner la maman au mieux de ses envies avec son enfant.

Nourrir son enfant est l’un des premiers contacts que l’on établit avec son nouveau-né. Il me semble évident que ce lien doit s’établir dans les meilleures conditions possibles afin que chaque maman aime ce premier rendez-vous.

 


16/09/2013
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