Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

Mes souvenirs d'écolières


Mes souvenirs d'écolières

@ cartable Moulin Roty / décoclico.fr

 

Il y a maintenant plus de 10 ans, j’ai passé le concours de recrutement de Professeur des Ecoles.

Je voulais voir si je pouvais réussir dans cette voie. Au final, j’ai bien obtenu un poste au sein d’une école maternelle mais je me suis enfuie très vite ; j’ai démissionné.

Pourquoi ?

Au début, j’ai pensé que je m’inclinais devant la difficulté de la tâche.  Je ne m’imaginais pas travailler jusque tard dans la nuit pour préparer les activités des mes élèves.  Je pensais ne pas avoir « la vocation » pour un tel degré d’investissement.

Avec le recul, je crois que cette excuse était un faux prétexte. Je pense surtout que je fuyais un contexte. La cour, les cris des enfants, les bousculades, la salle de classe, le préau, la sonnerie...Tout me rappelait mon passé d’écolière et faisait renaître en moi des sentiments de mal-être.

 

J’ai toujours  été une bonne élève parfois même excellente. Sérieuse, motivée, n’hésitant pas à prendre la parole à l’oral, j’adorais être interrogée sur une leçon, faire des exposés ou encore réciter des poésies. Dans la cour, j’avais toujours quelqu’un avec qui jouer. Plus tard, j’ai toujours aidé mes camarades en difficulté.

J’étais donc toujours bien vu que ce soit par les élèves ou par le corps enseignant.

D’un point de vue extérieur, tout allait bien.

Et pourtant...

Je crois n’avoir jamais vraiment été heureuse à l’école.

Bien sûr, j’ai connu de très bons moments et noué de belles amitiés mais j’ai surtout l’impression d’avoir été très angoissée.

Je partais souvent le matin, la peur au ventre : j’avais si peur d’échouer. Je voulais être la meilleure. J’avais l’impression que seules les notes comptaient.  Je pensais que c’était le but de l’école : exceller dans toutes les matières.

A l’approche d’un examen, je passais la nuit à angoisser et bien souvent le matin, j’étais malade. Je me mettais une pression beaucoup trop forte. Je pensais ne pas avoir droit à l’erreur : je me devais de réussir.

D’où venait toute cette pression ?

D’un  peu partout  je pense : de l’extérieur, des professeurs, de ma famille, de moi...

Je n’avais pas de référentiel interne, je ne vivais que par et pour le jugement des autres. J’avais envie qu’on soit fier de moi et je pensais assurément que seules de bonnes notes pouvaient me permettre d’accéder à cet objectif.

 

Mais il n’y a pas que les notes qui me gênaient. Je ne me suis également jamais vraiment sentie à ma place au sein des autres enfants.  J’ai toujours trouvé qu’il y avait trop de bruit, de disputes, de rivalités...

Et puis tout allait si vite. J’avais l’impression qu’on ne prenait pas le temps de profiter de la vie.

 

Un jour, alors que j’étais jeune collégienne, une remarque d’un adulte autour de l'école et du rôle de l'enfant m’avait beaucoup perturbée. J’étais chez mon dentiste et sa salle d’attente était bondée. Ce jour-là, encore plus qu’un autre, il avait accumulé beaucoup de retard. Quand il m’a enfin ouvert les portes de son cabinet, il a remarqué que j’étais stressée et pressée. J’ai fini par lui avouer que je n’avais pas prévu d’attendre aussi longtemps chez lui et que j’avais des contrôles à réviser pour le lendemain. Il m’a alors dit en riant : « Mais ça c’est rien. Tu verras quand tu seras adulte ce sera bien plus compliqué et là tu auras de vrais soucis ».

Après cette réflexion, qui m’avait laissé bouche bée, je m’étais dis que s’il disait vrai, il ne servait à rien de vivre, que la vie était beaucoup trop dure et angoissante.

Heureusement le temps a joué en ma faveur.

Maintenant, je peux le dire ; je suis libérée des contraintes de l’école et je suis heureuse.

J’ai des soucis d’adulte mais je les préfère amplement à mes anciennes angoisses d’écolière ! Tout me paraît beaucoup plus simple et facile.

 

Mais alors que ma fille aînée s’apprête à entrer au CP mes angoisses ressurgissent.

Et si elle réagissait comme moi ?

Et si elle ne  se sentait pas à sa place à l’école ?

Et si la pression était trop forte pour elle ?

Je veux juste qu’elle s’épanouisse et découvre le plaisir d’apprendre avec délice.

L’école d’aujourd’hui me renvoyant à mes anciens démons, je reste perplexe et poursuis donc ma réflexion...

 

A suivre...Thème 3 : que retient-on réellement de l'école ?


27/05/2013
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