Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

Quelle école pour mes enfants ?


Etudes de quelques solutions

 

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 Si vous avez lu mes précédents articles sur le thème de l’école (et comme je sais que vous êtes assidus, vous l’avez forcément fait ! Clin d'œil),  vous vous êtes sans doute rendus compte que l’Ecole publique ne correspondait pas tout à fait à mes aspirations.

Attention, je ne critique en rien les enseignants que je sais, pour la plupart très investis, ouverts et bienveillants (je suis fille, sœur et amies de nombreux professeurs tous passionnés), non, je m’offusque juste du système éducatif qui, à mon sens, ne correspond pas à tous les enfants, de cet esprit de compétition inhérent à l’école, de l’uniformité, des devoirs ou encore des notes.

 La question aujourd’hui est donc de déterminer les alternatives qui s’offrent à moi pour l’instruction de mes filles. Et la réponse est loin d’être évidente...

 

La solution idéale pour moi serait de voyager à travers le monde en famille afin de partir à la rencontre des peuples d’ailleurs. J’aimerais que mes filles découvrent comment vivent les autres enfants, apprennent leurs problématiques et partagent leur quotidien pendant un temps. Pour la découverte du passé, je pousserais les portes des musées, institutions et monuments historiques qui s’imposeraient sur notre route tout en écoutant les histoires des autochtones. Je rêverais de découvrir l’art et la musique de manière « vivante » en admirant des artistes rencontrés au gré de nos voyages. J’aimerais que mes filles fabriquent du pain avec un boulanger, qu’elles comprennent comment se fabrique le textile en récoltant du coton, qu’elles touchent le plus vieil arbre du monde après l’avoir vu dans un livre, qu’elles nagent dans tous les océans ou encore qu’elles foulent du pied chaque continent.

Oui, oui je sais, je rêve... Ce projet ambitieux nécessite de la préparation et de l’argent mais....certains rêves peuvent se réaliser, il faut parfois savoir juste patienter.

 

En attendant, voici les autres possibilités qui s’offrent à moi :

- une école différente comme Montessori, Steiner, Freinet...

La première difficulté est de trouver une école proposant une pédagogie proche de nos souhaits située près de notre domicile. Ces écoles « différentes » sont en effet encore trop peu représentées dans notre pays.Mais, coup de chance, j’ai une école Montessori près de chez moi ! Quel bonheur n’ai-je pas ressenti quand je m’en suis rendue compte... Mon cœur battait à 100 à l’heure et je m’imaginais déjà y emmener Emma et Chloé chaque matin le sourire aux lèvres. Bien sûr, il m’aurait fallu d’abord aller la visiter pour être complètement convaincue. Il aurait également été nécessaire que mes filles rencontrent l’équipe pédagogique et adhèrent à cette école. Mais...je ne suis même pas allée aussi loin dans mes démarches. Encore une fois, l’argent m’a arrêté. Ces écoles, qui n’ont pour la plupart pas de convention avec l’Etat, sont rarement gratuites et ont des coûts de fonctionnement importants. Les frais de scolarité sont supportés par les familles et avoisinent les 400 euros...par mois !

Le fait que ces écoles soient payantes suggère que seule une certaine « élite » puisse en bénéficier or j’aimerais que mes enfants puissent partager leur instruction avec TOUS les enfants et non uniquement ceux dont les parents ont des revenus élevés.

 

-  l’école à la maison

Instruire ses enfants en famille devient de plus en plus fréquent de nos jours. De nombreuses associations se créent en ce sens afin d’aider les familles qui y on recourt. Cette idée qui me semblait totalement ubuesque il y a encore quelques mois m’apparaît aujourd’hui comme de plus en plus raisonnée. Mes enfants apprendraient à leur rythme, sans pression, ni comparaisons, avec un système d’apprentissage sans cesse en évolution et des remises en question permanentes.

Mais... faire l’école à la maison impliquerait une totale implication de ma part. Il faudrait  réorganiser toute ma vie et abandonner mon travail. Je devrais aussi réfléchir en amont pour déterminer le type d’instruction que je souhaiterais mettre en place et la manière dont je pourrais le faire. Il faudrait également que je trouve des solutions pour permettre à mes filles de garder un contact régulier avec d’autres enfants.

En toute honnêteté, aujourd’hui je ne me sens absolument pas prête à vivre une telle expérience. Je ne me m’estime pas capable d’épanouir pleinement mes enfants dans ce système éducatif, j’ai peur de m’y perdre et surtout de les perdre.

Néanmoins, j’y pense de plus en plus et je ne m’interdis pas d’y avoir recours un jour.

 

Je n’ai donc aujourd’hui aucune solution optimale envisageable.

Mais la question essentielle est : qu’en pensent les principales intéressées ?

Je parle de mon école idéale mais quelle est celle d’Emma ou de Chloé ?

Pour l’instant seule Emma peut répondre à cette question, Chloé est encore trop jeune pour se soumettre à une telle problématique.

 

Emma rentre au CP et semble...heureuse. L’école qui se trouve près de chez nous lui plaît et elle attend avec impatience d’y revoir ses amis. Néanmoins de nombreux doutes subsistent dans son esprit, elle me dit d’ailleurs parfois qu’elle est triste dans son cœur et dans son corps. Elle a peur de ne pas m’avoir à ses côtés en cas de besoin, elle craint d’avoir trop de devoirs, d’échouer dans le travail demandé ou encore de ne pas être comprise dans ses sentiments. J’essaie de la rassurer au maximum en cachant mes propres doutes. Je la rassure notamment sur la disponibilité et l’empathie de la maîtresse (ou du maître). J’insiste également sur le fait que l’échec nous permet d’avancer toujours plus loin et que l’essentiel n’est pas de réussir mais de savoir persévérer.

 

Emma ira donc cette année en CP à l’école publique proche de notre domicile. Je me rendrai disponible pour elle au maximum pour l’encadrer et l’aider dans son plaisir d’apprendre, à l’école comme à la maison. J’espère pouvoir compter sur une maîtresse dévouée qui lui ouvre de nouvelles perspectives et l’enchante à la Vie.

Mais...je n’oublierai pas de rester vigilante et très à l’écoute de ma fille. Si je la sens moins épanouie et malheureuse, je mettrais tout en œuvre afin de trouver la solution qui lui soit la plus adaptée. Si Emma ne se plaît plus dans son école, qu’elle ressent un réel malaise voire une phobie patente, je m’accommoderai de la situation en lui trouvant une autre école ou ...avec la gardant avec moi à la maison.

 

Pour clore ce sujet, je vous invite à réfléchir sur le thème de la classe unique.  J’ai lu récemment un article qui a trouvé écho en moi et dont je vous fais suivre le lien La classe unique. Je vous conseille également l’ouvrage de Bernard Collot, enseignant d'une classe unique pendant 40 ans,  « La pédagogie de la mouche » publié aux Editions l’Instant Présent. 

 

La classe unique...Et si c’était ça le début de ma solution idéale ?


02/09/2013
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