Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

Que retient-on de l'Ecole ?


Tout...ou rien ?

h-4-2068796-1273553072.jpg

 

Plus j’avance dans mes lectures et réflexions personnelles et plus je me conforte dans l’idée que l’école d’aujourd’hui n’a plus lieu d’être et qu’il nous faut opérer un virage à 360° pour les générations futures. Mes dernières lectures en cours « L’éducation, une stratégie pour ré-enchanter la vie » de Karine Mazevet, « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux » d’Antonella Verdiani mais aussi « Les apprentissages autonomes » de John Holt ne font que renforcer mes convictions, voire mieux les exacerber.

J’y reviendrai plus en détail dans un prochain post mais la question du jour, qui fait suite à mes précédentes publications sur l’école, est :

 

Que retient-on de l’école ?

 

J’ai toujours été une bonne élève, j’ai fait une scolarité plutôt brillante remplie d’éloges de la part des professeurs et de félicitations sur mes bulletins. Je n’ai jamais redoublé, j’ai passé un bac scientifique et suivi des études supérieures.

Je suis rentrée à l’école à 3 ans et l’ai réellement quittée vers 24 ans. En tout, j’ai donc passé plus de 21 ans, assise sur une chaise à écouter mes professeurs.

Et ma conclusion pourrait se résumer à ces quelques mots : « Tout ça pour ça ? ! »

J’ai en effet l’impression de ne savoir que très peu de choses...

J’ai mal appris. J’ai appris dans le seul but d’apprendre pour apprendre et non d’apprendre pour comprendre. J’ai appris pour les notes, pour passer en classe supérieure, pour être la meilleure... J’ai appris à des fins limitées et non dans un esprit de grandeur absolue et d’infini. J’ai appris non pas par plaisir mais pour faire plaisir.

Alors oui, j’avais du plaisir à avoir de bonnes notes mais pas de plaisir à remplir ma vie de connaissances...Quel dommage !

J’ai relu récemment une rédaction de français que j’avais rendue en classe de 4ème. J’avais donc environ 13 ans. Le thème était : « Préféreriez-vous entrer rapidement dans la vie active ou poursuivre des études ? ».  Mon style était soigné, les arguments bien développés mais Mon Dieu...quelle déception en me lisant ! J’ai découvert une petite fille relativement matérialiste qui jugeait opportun de faire des études « juste » pour avoir un métier plus rémunérateur. Quel décalage avec ma vie d’aujourd’hui ! Moi qui prône la passion et l’envie avant tout...

En commentaire, mon professeur avait annoté « Tu as oublié de me parler du plaisir d’apprendre... ». Cette phrase prend tout son sens, maintenant, plus de 10 ans après ! Et non, cher professeur, je n’avais pas oublié de parler du plaisir d’apprendre tout simplement parce qu’à l’époque,  je ne savais pas que ce bonheur existait.

 

En lisant un article sur le blog de Catherine Dumonteil-Kremer * (auteure, entre autre, de « Elever son enfant autrement »), je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule à n’avoir retenu que très peu de choses de mes années passées à l’école. Et non, apparemment, je ne suis pas un cas isolé (ouf ! Ca me rassure un peu...). Comme beaucoup d’écoliers (mais pas tous, rassurez-vous), j’ai « mal » appris et du coup mon cerveau n’a retenu que très peu d’informations.

Pour confirmer ses propos, Catherine Dumonteil-Kremer cite un passage du livre « Apprendre » d’André Giordan. Dans cet ouvrage, ce professeur à l'université de Genève et directeur du laboratoire de didactique et épistémologie des sciences, avance des chiffres inquiétants sur ce que retiennent réellement les élèves à la fin de leur scolarité. Et pas de chance, il prend pour exemple des jeunes bacheliers scientifiques... Et vous l’aurez compris, le constat est assez amer : le savoir accumulé tout au long de ces années est relativement maigre et l’essentiel est souvent oublié.

Maintenant que faire ?

Se morfondre dans son coin ? S’arracher les cheveux en se disant qu’on aurait dû se réveiller plus tôt ? Pleurer sur son sort en se disant que la vie est injuste ?

Non. Il faut avancer, ré-apprendre et s’élever.

J’apprends enfin pour mon plaisir et je compte bien continuer sur ce chemin. Et puis,  surtout, j’ai trouvé ma voie et compris quel sens donner à ma vie. Je vais maintenant me concentrer sur ce qui me tient  à cœur et me battre pour mes idéaux. Apprendre à être parent et révolutionner l’éducation sont devenues mes principales priorités.

Le projet est ambitieux mais si l’envie et le plaisir sont là, tout est possible, non ?

 

*  http://cdumonteil-kremer.com  / « Pourquoi mes enfants ne vont pas à l’école ? » ( 1)

Bibliographies :

- « L’Education, une stratégie pour ré-enchanter la vie » - Karine Mazevet aux Editions Le Souffle d’Or

- « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux » - Antonella Verdiani aux Editions Actes Sud

- « Les apprentissages autonomes » - John Holt aux Editions l’Instant Présent

- « Elever son enfant autrement » - Catherine Dumonteil- Kremer aux Editions La Plage


02/08/2013
8 Poster un commentaire