Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

C'est à moi !

 

 

(Article crée en avril 2013 et remis à jour en 2014)

MON PROBLEME : Emma et Chloé se disputent et crient !

 

DETAILS DE LA SITUATION : j’ai deux filles aux caractères bien affirmés qui savent ce qu’elles veulent.

Le problème c’est qu’à certains moments de la journée, elles veulent la même chose en même temps ; il s’agit souvent d’un jouet, d’un feutre et c’est à celle qui criera le plus fort pour obtenir gain de cause.

Chloé est très douée pour cette activité ce qui a le don d’agacer sa sœur qui, exaspérée, se met alors à hurler, pousser, taper...

 

Tout d’abord il faut savoir que les disputes dans la fratrie sont normales et souvent saines. Chacun apprend à vivre avec l’autre et tente de trouver sa place.

La plupart du temps il faut laisser faire et ne pas intervenir. Les enfants ont souvent les ressources nécessaires pour régler seuls leurs problèmes.

Si vous trouvez que ça crie trop, pensez aux boules quies ou sortez dehors...

L’intervention du parent doit se faire quand la dispute dégénère et qu’il y a menace de violences physiques ou verbales trop virulentes.

Dans son livre « J’ai tout essayé »*, Isabelle Filliozat nous parle du fameux « C’est à moi ! » des jeunes enfants.

Quand un petit dit « C’est à moi ! », il signifie juste que le jouet est actuellement en sa possession, dans sa main et qu’il veut le garder comme ça. Il n’y a pas derrière cette phrase de notion d’appartenance propre. Selon Isabelle Filliozat, un enfant de moins de 3 ans ne serait pas en mesure de comprendre la notion de partage et du fameux « Chacun son tour », une information bonne à savoir !

  

Mes pistes de réflexion :

1. Expliquer pour mieux communiquer.

Chloé a 2 ans et il lui arrive parfois de réagir comme le décrit Isabelle Filliozat en ne voulant pas prêter le jouet qu’elle a dans sa main. Dans ces cas-là, je m’approche d’Emma et, en me mettant à sa hauteur, je lui explique la réaction de Chloé en adéquation avec son âge. Je le fais devant Chloé qui bien souvent hoche la tête comme pour approuver ! Emma est alors plus indulgente envers sa sœur.

C’est l’une des bases de la communication : quand on comprend le pourquoi des choses, on accepte mieux les réactions des autres.

2. Anticiper

Quand mes deux filles jouent ensemble, elles savent qu’elles ne doivent pas se faire du mal (physiquement ou moralement). Emma a d’ailleurs réalisé une affiche où il est inscrit : « On ne fait pas la bagarre avec sa sœur » (voir dessin ci-dessus), affiche qui est accrochée sur l’un des murs de la salle de jeux, bien évidence.

Pour bien vivre tous ensemble, quelques règles ont donc été instaurées dès le départ en ce sens.

 

Règle n°1 : il est interdit de se faire du mal

On a tout à fait le droit de ne pas être d’accord, d’être fâché voire même très en colère contre l'autre. En revanche, on doit tout faire pour s'empêcher de le taper ou de lui faire mal. Il est important d'apprendre à dire les choses avec des mots plutôt qu'avec des gestes.

 

Règle n°2 : on n'est pas obligé de partager ses jouets

Chez, nous les jeux /affaires qui sont dans des lieux communs (le salon/la salle de jeux) peuvent être utilisés par tous.

Les jeux /affaires auxquels on tient vraiment et qu'on ne souhaite pas partager sont à ranger dans notre chambre. 

3. Observer de loin...mais agir si besoin

Une fois ces règles établies, je laisse mes filles jouer ensemble et je garde tout de même une oreille attentive pour suivre.... Je n’interviens que lorsque j’observe de la violence de la part de l’une ou de l’autre.

Dans ces cas-là je me pose en médiatrice et j’évite de crier (oui, c'est difficile mais je me dois de donner l'exemple alors j'essaie au mieux !).

Je propose aux enfants de prendre du recul et de jouer séparément pour se calmer.

Je m'occupe de la "victime" pour la soigner et la consoler et je ne fais aucune remarque à l'autre. 

Je ne punis pas : celle qui a blessé sait très bien qu'elle a commis une erreur, pas la peine d'en rajouter une couche, je risquerais d'envenimer la situation et de créer encore plus de conflits entre elle et sa soeur.

 

4. Valoriser les moments complices de mes enfants

Quand je vois que mes filles ont joué deux heures ensemble sans aucune anicroche ou qu’elles ont réussi à résoudre leurs conflits entre elles je n’hésite pas à m’en réjouir, à les féliciter et à les encourager à poursuivre en ce sens.

 

5. Les laisser se défouler ensemble, mettre le bazar et rire de leurs bêtises

Il arrive que mes filles s’enferment dans la chambre de Chloé pour transformer la pièce en désordre absolu. Le matelas est renversé, les draps servent de tente, les peluches de projectiles..... Les filles s’amusent, crient, chantent, se défoulent et je les entend proférer leurs mots préférés à tue-tête (caca, pipi, prout !). Tout un programme....

Je ne suis pas tout à fait d’accord mais je prends du recul et surtout...je laisse faire ! Elles sont heureuses et se créent des moments de complicité uniques qui renforcent leur lien fraternel.

 

6. Instaurer un esprit de coopération dans la maison et non de la compétition

Chacun de nos enfants est unique et doit être valorisé pour ce qu’il est.

J’évite de comparer mes filles et je supprime de mon vocabulaire les phrases du genre :

- «  Prends exemple sur ta sœur, regarde-là ! »

- « Alors, qui y arrive le mieux ? »

- « Je vous ai entendu vous disputer, qui a commencé ? »

 

CONCLUSION : depuis que j’applique toutes ces petites règles, ça marche ! Mes filles sont de plus en plus complices et ce malgré leur différence d’âge. Elles se protègent mutuellement, se respectent et s’entraident.

Je vous rassure : elles se disputent toujours ! Mais dans la majorité des cas, elles trouvent leurs propres solutions.

Et si elles en viennent aux mains, elles s'excusent aussitôt et repartent vers d'autres aventures...ensemble !

 



23/04/2013
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