Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

Dur, dur d'être une maman...

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Je vous l’avoue, hier soir j’ai craqué.

J’en avais marre et je suis partie m'isoler dans ma chambre.

Je me suis pris mon « temps de pause » comme on aime à dire en Discipline Positive. Du temps pour moi, pour me reconnecter avec mes émotions plutôt que de crier et d’être incohérente.

 

Pourquoi avais-je besoin d’un temps de pause ?

Parce que j’avais passé la journée à négocier, prendre le temps d’écouter, surveiller les petits mains sales de Chloé (elle court partout et je suis TRES maniaque).

J’avais fait du shopping avec Emma pour lui trouver des chaussures et cela m’avait éreinté (10 paires baskets essayées et rien qui ne lui convenait !). J’avais aussi entendu un « Je ne t’aime plus ! » d’Emma qui m’avait touché. Emma m’avait reprises à plusieurs fois sur ma façon de parler (car je prononce mal certains sons) et ça m’avait beaucoup vexé (même si, au fond, nous, on fait quoi à nos propres enfants ? On ne fait que les reprendre !).

Mon vase émotionnel s’était rempli de petits gouttes toute la journée et le soir, il a fini par  déborder à cause  d'un repas "agité"!

Comme à chaque repas, Chloé gesticulait sur sa chaise manquant de tomber à plusieurs reprises. Elle mangeait de la semoule et je voyais les grains tombés par terre à chaque fois qu’elle portait la cuillère à la bouche. L’énervement montait en moi...Quand elle a renversé son bol, j’ai dit : « Là, c’est trop, j’en peux plus ! » et je suis partie m’isoler dans ma chambre.

 

Etre une maman positive c’est chouette mais c’est aussi épuisant.

 

J’ai encore beaucoup de travail à faire sur moi pour apprendre à « lâcher-prise » sereinement afin de trouver des solutions adaptées à tous. Et puis, je vous le concède, j’aime tout contrôler et je  suis maniaque donc je prends beaucoup sur moi. Il faut réussir à travailler ça...

Je suis donc allée me blottir sur mon lit, cachée sous une couverture.

Chloé est rapidement venue me voir toute guillerette (et sans doute les mains pleines de yaourt, je n’ai pas voulu regarder !)

- « Maman, tu es où ? Rho, t’es cachée ? Maman, tu es fâchée ? Tu es contrariée contre moi ? »

- Hum...J’ai envie de rester toute seule...

- D’accord, je te laisse alors ! Bonne journée ! »

Je suis restée coincée sous ma couverture une bonne vingtaine de minutes en écoutant les bruits de la maison. Je n’avais pas envie de bouger, j’étais bien. Je me suis quand même sentie un peu lâche mais peu importe, je ne suis pas sortie de ma cachette.

Au bout de 20 minutes, Emma est venue me voir et d’une voix douce, elle m’a demandé si elle pouvait venir avec moi. J’ai accepté et elle s’est alors glissée sous ma couverture à mes côtés

- « C’est là que tu te caches ? Elle est super bien ta cachette ! Tu as eu une bonne idée !

- «  Oui, je suis bien ici, j’avais besoin de me calmer

- Tu sais maman, il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions ! On est une famille tu sais, on est là pour toi. Avec Papa, on a tout rangé, j'ai lavé les casseroles et nettoyé la table et en plus ça m'a amusé. Tu verras, tout est propre dans la cuisine, on s'est dit que ça te ferait plaisir

- Merci, oui, ça me fait plaisir. Je n’avais vraiment pas envie de nettoyer ce soir

- Alors maintenant calme toi et dis moi ce qui ne va pas. C’est quoi qui t’a énervée ? C’est Chloé ou c’est un tout ? Non, parce que si c'est Chloé j'ai des solutions : soit on mange dans le salon tout le temps sur la table basse, soit on lui met une petite table près de nous à sa taille pour qu’elle arrête de gigoter sur sa chaise.

- (elle me fait sourire ma fille et ses solutions sont très pertinentes). En fait, c’est un tout, c’est plein de petites choses...Je dois aussi t’avouer que je me suis sentie bien triste quand tu m’as dit que tu ne m’aimais plus cette après-midi. Tu as le droit bien sûr, mais je préfère te dire la vérité, ça m’a peiné.

- Ah...mais c’est pas vrai, tu le sais. J’ai dit ça parce que j’étais contrariée, c’est tout. Tu sais bien que ce n’est pas possible, je t’aime plus que tout

- (ça fait chaud au cœur d’entendre ça, je vais déjà un peu mieux). Et puis, aussi aujourd’hui j’étais fatiguée car vous ne vous prépariez pas assez vite avec ta sœur et puis j’ai dû vous répéter plusieurs fois les choses.

En fait, j'ai envie de faire ma chef et que les choses soient faites quand je veux, comme je veux

- (Embêtée pour moi) Ah oui mais faut que tu arrêtes ça, ce n’est pas possible sinon tu auras des problèmes. Tu devrais aller voir un professionnel pour t’aider

- (Je suis un peu surprise par sa réponse) un professionnel ?

- Oui, un professionnel des solutions

- (je me sens piquée mais en même temps, ma fille n’a pas tort...Avant d’être un parent comme on le souhaite, il faut d’abord travailler sur soi et se comprendre). J'en vois une, ça s’appelle un psychothérapeute

- Et elle est bien ?

- Oui

- Elle t'aide un peu ou beaucoup ?

- Je pense beaucoup

- Et tu lui donnes de l'argent en échange ?

- Oui

- Est ce qu'elle aime t'aider ?

- Oui évidemment

- Elle aime l'argent ?

- Euh, non je ne dirais pas ça. Elle a besoin d’argent pour vivre, pour acheter des choses, comme tout le monde

- En fait, je veux dire : elle préfère l'argent ou les gens ?

- Ah, je comprends ta question. Non, elle préfère les gens  à l’argent

 - Ah bah, c’est bien, c’est mieux si c’est comme ça. »

 

Nous avons terminé par discuter de choses et d’autres avant que Chloé ne vienne nous rejoindre.

Je me suis endormie l’esprit apaisé en me confortant toujours dans mon idée que le chemin d’une maman "positive" était difficile mais juste.

 

Et plus que jamais, je me dis : Etre parent, ça s’apprend !

 



06/02/2014
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