Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

 

Depuis peu, j’ai commencé à me plonger dans les œuvres d’Adèle Faber et d’Elaine Mazlish.

J’ai choisi de commencer par leur livre le plus connu « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ».

Dans les premiers chapitres, les auteures nous expliquent l’importance d’écouter les enfants ; sans les juger, ni les conseiller, en les incitant à parler et à trouver les solutions d’eux-mêmes.

C’est un peu prétentieux, mais honnêtement, je pensais savoir « correctement » écouter mes filles. En effet, j’ai de l’empathie et je vais toujours les voir quand elles ont un souci personnel. Mais...en m’observant, je me suis rendue compte que, souvent, c’est moi qui apportais la solution à mes enfants et qu’inconsciemment, j’émettais toujours un jugement caché sur leurs actes et leurs dires....

Je me suis donc mise à lire assidûment  le livre d'Adèle Faber et Elaine Mazlish !

La première étape pour débuter la conversation consiste à déterminer le sentiment ressenti par son enfant en cas de problème (ex : J’ai l’impression que tu es en colère, tu dois être déçue, ce doit être triste ....). Il faut ensuite l’écouter en parlant très peu, quitte à faire des moments de pause ou à répéter ce qu’il dit pour l’amener à se calmer seul et à trouver sa solution. Quand l’enfant n’a pas obtenu ce qu’il voulait (ex : un paquet de bonbon dans un supermarché), on peut aussi utiliser son imaginaire pour lui faire comprendre qu’on a compris sa demande même si elle n’a pu aboutir (ex : tu les aurais tellement voulu ses bonbons. Si tu avais pu choisir ceux que tu voulais, tu aurais pris lesquels ? Et pourquoi ? Ah, tu aurais choisi les plus gros et les plus piquants ? …)

 

J’ai eu l’occasion d’appliquer ces principes avec ma fille Emma âgée de 5 ans à deux reprises hier et je dois dire que j’ai été assez étonnée des résultats.

Je vous relate donc ces deux histoires...

 

Histoire n°1  

Il est 18h. Chloé, épuisée par sa journée, s’est endormie sur le canapé.

Je propose à Emma d’aller jouer aux cartes dans sa chambre. Emma est très enjouée mais souhaite d’abord embrasser sa sœur avant de quitter la pièce.

Je lui chuchote : « Non ! Surtout pas, tu vas la réveiller » mais comme elle semble décider, j’hausse légèrement le ton et poursuit : « Non, ce n’est pas gentil Emma ! ».

Très vexée et visiblement énervée, Emma part dans sa chambre pour s’isoler.

10 minutes plus tard, elle me rejoint avec ses cartes et me dit en bougonnant :

Emma : "J’ai joué aux Barbies dans ma chambre"

 

Attitude n°1 : voilà comment j’aurai réagit AVANT

Moi : j’ai bien vu que tu étais très fâchée Emma mais tu ne pouvais pas faire un bisou à ta sœur. C’était une mauvaise idée, tu l’aurais probablement réveillée.

Emma : mais j’aurai vraiment fait attention !

Moi : mais même en faisant attention, tu l’aurais réveillée, elle a un sommeil léger »

Emma : hum....hum... je suis sûre que je ne l’aurais pas réveillée quand même... »

Nous aurions fini par jouer aux cartes mais Emma n’aurait pas été complètement détendue et convaincue.

 

Attitude n°2 : voilà comment j’ai réagit APRES les conseils et exemples très précis du livre d’Adèle Faber et Elaine Mazlish

Emma : « J’ai joué aux Barbies dans ma chambre

 Moi : «  hum...pour te calmer ?

Emma : Oui

Moi : tu étais très en colère contre moi ?

Emma : Oui...Je voulais juste faire un tout petit bisou à ma sœur

Moi (montrant que j’ai compris sa requête et utilisant son imaginaire pour voir comment elle aurait aimé procéder): et tu lui aurais fait où ce bisou ?

Emma : sur la joue. Mais ça aurait été un tout petit bisou tout doux, pour ne pas la réveiller.

Moi : hum, je vois...

Emma : j’aurai pu aussi lui faire dans le cou !

Moi : et pourquoi pas un tout petit bisou rigolo et sans bruit sur le nez ?

Emma : Ah oui, ça aurait été amusant !"

La conversation s’est ainsi achevée, Emma semblait sereine. Elle m’a prise dans ses bras pour un gros câlin avant de débuter une partie de jeu de cartes.

 

Histoire n°2 

J’entends Emma hurler contre sa sœur  qui vient de lui  faire mal : « T’es méchante, tu m’as fait mal, tu es une vilaine ! Je ne veux plus te voir ! ». Puis, Emma s’enfuit dans sa chambre en hurlant et en pleurant.

 

Attitude 1 : voilà comment j’aurai réagit AVANT

Moi (venant tout doucement auprès d’Emma) : Emma, je comprends que tu sois en colère. Je suis désolée que tu aies eu mal mais je t’assure que ta petite soeur n’a pas fait exprès de te blesser, elle voulait juste jouer. Ne dis pas qu’elle est vilaine, ce n’est pas vrai. Elle t’aime vraiment beaucoup et n’a pas voulu te blesser. Je vais lui demander de venir s‘excuser »

Et Emma aurait probablement répondu : « Si, elle a fait exprès et elle est très vilaine, je ne veux pas la voir ! Laisse-moi tranquille ! ».

 

Attitude 2 : voilà comment j’ai réagit APRES les conseils et exemples très précis du livre d’Adèle Faber et Elaine Mazlish

Moi (venant tout doucement auprès d’Emma): « Tu as l’air d’être très en colère

Emma : « Oui !

Moi : et puis j’ai l’impression que tu as mal

Emma : oui ! C’est la faute de Chloé, elle m’a griffé ! Elle est vilaine, je ne veux plus la voir, jamais, jamais, jamais, jamais !!!! (en hurlant)

Moi : ah oui en effet, tu es très très en colère

Emma : oui, elle m’a fait vraiment très mal, elle est méchante, je ne veux plus jamais la voir.

(A ce moment là Chloé tente de venir auprès d’Emma).

Moi : tu ne veux donc plus jamais la voir, jamais, jamais, jamais.

Emma : oui...enfin non.... c’est juste pour maintenant

Moi : tu veux que je lui demande de partir ? 

Emma : non, ça va mieux. »

Et nous avons joué toutes les trois comme si de rien n’était.

 

Quelques heures plus tard, la même scène s’est reproduit (Chloé avait encore fait mal à sa sœur de manière non intentionnelle !). J’ai réagit exactement de la même manière mais la fin a été légèrement changée. Emma est allée voir sa sœur pour lui dire : « Chloé, je suis vraiment désolée d’avoir été si fâchée contre toi,  j’ai eu tort de m’énerver à ce point : on se fait un bisou ? ».

 

Conclusion : merci à Adèle Faber et Elaine Mazlish ! Leurs conseils ont porté leurs fruits ! Je vais poursuivre leurs ouvrages avec délice....

 



14/07/2013
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