Véronique Maciejak / Parentalité-Education Positive

Vendredi 20 septembre 2013

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Aujourd’hui je suis de mauvaise humeur, je dirais même de très mauvaise humeur.

La raison principale ? Moi.

Je m’en veux car depuis deux-trois jours, je fais les choses de travers. Bon, pas tout le temps heureusement mais j’ai cédé à la « négative attitude » à plusieurs reprises.

En fait, je sais ce qu’il faut faire ou dire mais je fais tout le contraire. Ainsi, je mets l’accent sur les erreurs de mes filles en omettant toutes les attitudes positives qu’elles ont eues avant. J’impose sans écouter et je crie sans expliquer.

Super, super...

On est très loin de la maman positive...

Ma patience est limitée, osons même dire nulle, et du coup la moindre erreur me fait exploser. Ainsi, hier soir, il y a eu une avalanche de petites « bêtises » qui m’ont irrité au plus haut point.

En voici quelques extraits :

1 - Emma et Chloé ont décidé, en secret, de se construire une cabane à l’aide de serviettes....pendant leur bain !  Alors oui, du coup, elles se sont aperçues que ce n'était pas super car les serviettes tombaient et se mouillaient.  Plutôt que de leur laisser l’opportunité apprendre une leçon de vie,  je me suis tout de suite énervée. Je pensais dans ma tête: « Mais qu’est-ce qu’il leur a pris ? Elles se fichent de moi ! Quelle idée de faire une cabane dans l’eau avec des serviettes !». J’ai manifesté mon mécontentement en criant et en leur indiquant quoi faire de manière très agressive.

2 - Quand j’avais pu enfin retrouver un semblant de calme Emma m’appelle en hurlant car sa sœur venait de faire caca dans le bain...Evidemment à ce moment là le bain était rempli de jouets et tout était à laver et à désinfecter.  Au secours ! Autant vous dire que j’étais très mais très contrariée.

3 - A table, Chloé ne cesse de gigoter, de se tourner sur sa chaise, de sortir de table. Elle est comme ça tout le temps mais hier soir ça m’a terriblement agacée. Du coup je n’écoutais rien des conversations et restait focalisée sur Chloé comme pour la prendre en défaut. En entrée, il y avait de la soupe. Chloé n’en mange jamais et là, elle en a voulu et a même trouvé ça délicieux. Au lieu de me réjouir de cette nouvelle, je me suis agacée des gouttes de soupe qui ne cessaient de tomber sur son pyjama et je l'ai interpellée agressivement.

4 - La semaine dernière Emma mettait 10 minutes à se préparer le matin. Ce temps lui permettait de se laver les dents, de s’habiller et de se coiffer. Plus les jours ont passé et plus ce temps de préparation a augmenté. Nous n’étions jamais en retard pour l’école car elle allait se préparer bien en avance, néanmoins afin de ne plus avoir les yeux rivés sur ma montre, je lui ai imposé de se préparer juste après son petit déjeuner.  Ce matin, elle a donc commencé à se préparer à 7H40 (pour un départ prévu entre 8h20 et 8H25). A 8H15, elle vient me voir.....en culotte (?!). Toute souriante, elle me demande : « Tu crois que c’est une bonne idée si j’apporte mon éventail à l’école ? ». Mon sang n’a fait qu’un tour ! Je lui ai répondu très sèchement : « Mais tu n’es pas encore habillée ? ! Mais qu’est-ce que tu fais ? Je crois que l’éventail n’est pas la priorité : dépêche toi !!!!!!! ».

A 8H20, je la vois sortir de sa chambre pour aller se brosser les dents. Elle n'était pas coiffée et n'avait pas encore mis ses chaussettes (j’insiste sur les chaussettes car elle est très longue à les choisir et à les mettre). Elle me lance : « C’est bon, je suis bientôt prête! ». J’avais envie de lui hurler dessus tant je la trouvais désinvolte !

Au final, nous avons quitté la maison à 8H26 et j’étais très remontée. Je lui ai fais des reproches tout le long du trajet. Je m’entendais la sermonner et j’avais envie de me dire : « Mais tais toi ! Ca n’est pas si grave. L’occasion sera donnée de faire une recherche de solutions ensemble, à tête reposée. Laisse tomber, elle va à l’école, profites en pour discuter aimablement avec elle ».  Mais je n’ai pas réussi à me taire, c’est comme si j’avais besoin de me défouler et d’être désagréable.

 

Conclusion : non je ne suis pas une maman positive tout le temps. Non je ne dis pas toujours les bons mots aux bons moments même si je les connais. J’ai des instants de faiblesse où mes vieux démons reviennent et où j’ai juste envie de crier et de jouer au petit chef.

Dans ces cas-là, je crois que j’ai juste besoin de « souffler » et de m’offrir du temps rien que pour moi. Une maman épanouie et « positive » est avant tout une maman bien dans sa tête qui pense aussi à elle. Il ne s'agit pas d'égoïsme mais de survie. Pour affronter les défis proposés quotidiennement par nos enfants, il faut non seulement savoir le faire mais aussi pouvoir le faire. Un peu de recul, un peu de temps pour soi...Et hop ça repart ! 



20/09/2013
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